La mode est à la collection.
Chiner, fouiller, fouiner pour dénicher la perle, puis recommencer pour amasser, accumuler, amonceler des perles. Le concept est simple et il est sans fin. Le collectionneur est
insatiable.
L'activité addictive, obsesionnelle propre à la collection, c'était underground, c'est devenu mainstream. Enfin, pas tous les types de collection : nains de jardin, sous-bocks de
bières et pots de yaourts restent évidemment mis à l'index. La hype a du goût, cela va sans dire... Le nerd reste un nerd, le geek reste un geek. Alors, attention avant de
choisir votre prochain trip...
Désormais, tout un chacun veut avoir plus de pompes, plus de cd, plus de potes... Mais on veut le top, pas du tout-venant. On veut du pointu, du technique, de l'inédit. On
veut des disques vinyles, on veut des sneakers, on veut des spécimen...

Plus de
disques
Plus de sneakers

Plus de potes
Les photos de Romain Laurent illustrent bien cette relation contemporaine à la consommation / accumulation dans la lignée d'Arman.
On en veut plus, on en a plus mais à un moment, ça peut poser quelques problèmes de gestion. Il faudrait trouver une écologie de la collection.
A l'heure d'internet, tout devient plus facile. Les fans de crate-digging peuvent piocher online les raretés musicales qu'ils convoitent, les petits bijoux qui les font rêver.
Les sneakers addicts peuvent chopper/shopper leurs baskets/tennis/runnings mythiques via des sites web spécialisés. Les collectionneurs de potes peuvent se la jouer
hardcore networkers sur les sites de socialisation style Myspace ou Facebook. Grâce aux forums participatifs, le web 2.0 facilite les échanges, développe l'interactivité,
maximise les points de contact entre individus.
Certes, mais d'aucuns diront que le vrai collectionneur, comme le vrai chasseur, a besoin de sortir dans la "real life" pour exercer son art. Il a besoin du contact avec des bacs
de disques poussiéreux, il a besoin de venir caresser en magasin les coutures de la chaussure, il a besoin de se prendre un verre en réel / de taper le carton en direct avec ses potes et pas
seulement via des widgets.
Quoi qu'il en soit, ces nouveaux collectionneurs représentent de vrais enjeux commerciaux et sont la cible de toutes les attentions du corporate world. Au-delà des sites pour les
puristes, iTunes Store vous propose plus de 6 millions de chansons, Nike iD vous propose de customiser vos propres sneakers
selon vos goûts, Meetic vous propose d'explorer plus de 22 millions de profils. La chasse est ouverte...
Pour en savoir plus : le film Just for Kicks de Thibaut de Longeville et Come Chantrel sur le phénomène sneakers et l'album Endtroducing de
Dj Shadow considéré comme un must du crate-digging.

PS: la pub, jamais en retard sur les tendances, a récupéré l'image du collectionneur. Toyota, pour vendre ses voitures, mise sur l'esprit entrepreneurial et décalé
d'un businessman sneakers addict. Désormais, le fan est in. Le collectionneur moderne est un boss en costard dans une caisse de boss. Jeff Albertson, le Comic Book
Guy des Simpsons a du souci à se faire...