Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 02:09
A l'occasion de la bataille de baveux qu'est l'affaire Clearstream, voici une petite cartographie du barreau.

Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 03:00
Petite sélection de ces nouveaux vilains qui font plaisir à voir au cinéma:

 

Vincent Cassel

Christopher Waltz

Tahar Rahim

Personnage

Jacques Mesrine, Ennemi Public n°1 dans les 70’s, gangster grande gueule et sympathique mais aussi psychopathe tendance no limit, mégalo-démago et raciste

Hans Landa, « the Jew Hunter », colonel SS exterminateur de Juifs pendant la 2e Guerre Mondiale, sadique et opportuniste, courtois et raffiné à l’excès

Malik El Djebena, petite racaille en prison pour 6 ans : soumis à exécuter les basses œuvres de la mafia corse, il va grimper peu à peu dans la hiérarchie du banditisme

 

Incarnation

Motivation du héros

Faire du fric, tromper l’ennui, dénoncer les QHS, faire parler de lui dans les média…?

« Being a damn good detective: finding people is my specialty »

Observer, apprendre, patienter et devenir le maître une fois l’heure venue de ne plus être l’esclave

Film

Mesrine de Jean-François Richet

Inglorious Basterds de Quentin Tarantino

Un Prophète de Jacques Audiard

Travail de gestation au long cours

8 ans (depuis l’acquisition des droits de l’autobiographie de Mesrine par Thomas Langmann)

10 ans (depuis le démarrage de l’écriture du dialogue introductif entre Landa et le paysan français, Lapaditte)

4 ans (depuis De battre mon cœur s'est arrêté)

Des films portés à bout de bras

Vincent Cassel puis Benoît Magimel puis Vincent Elbaz ont été pressentis. Au final, Cassel a rallié les suffrages et a permis de relancer un projet qui capotait (cf.ici pour la genèse).

Pour le « role that can’t be cast - le colonel Landa » (sic. Q.Tarantino), l'interprète idéal a finalement été trouvé. « That’s a bingo ! »

« S’il n’y avait pas eu Tahar, je ne sais pas où serait le film » dixit Jacques Audiard « sans lui, le film n’existerait pas ». « Sur ce film, c’était surtout une question de casting ».

Performance d'acteur

Capable de prendre 20 kilos pour endosser le rôle. « Certainly the hardest performance of my life and the biggest film of my career »

Polyglotte (anglais, allemand, italien, français) et apte à restituer la saveur du texte de Q.Tarantino

Newcomer instinctif « vierge de références, pour inventer un nouveau De Niro » (sic Audiard) mais sans « l’approche Actor’s studio et le travail documentaire scolaire »

Eloge critique

César 2009 du meilleur acteur + Bafta award (l’équivalent UK)

Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2009

Oscar du meilleur acteur 2010 ?

Succès public

2,2 et 1,6M entrées France (pour les 1e et 2e volets du diptyque)

2,6M entrées France (après 6 semaines)

1M entrées France (après 5 semaines)

Satisfaction personnelle de l’acteur

« I feel happy, light as air, overjoyed and exhausted » (sic. Cassel aux César)

« [With this film], I can say it was worthwhile having become an actor »

« Le tournage où j’ai appris mon métier ». « Lui [Malik], il a pris une longue peine de prison, moi, j'ai pris une longue joie de comédien ».

Autres sponsors

Abdel Raouf Dafri, scénariste, Thomas Langmann, producteur

Lawrence Bender, producteur, les frères Weinstein, producteurs

Thomas Bidegain, scénariste qui a poursuivi le taf d’Abdel Raouf Dafri

Rôle annonciateur

Vinz, dans La Haine de Mathieu Kassovitz en 1995 (« c’est à moi que tu parles ? »)

NA

Yazid, une racaille dans la série La Commune (Canal+) écrite par Abdel Raouf Dafri

Une carte de visite pour la suite ?

Une côte internationale en hausse mais l’envie de « continuer à faire des films un peu tordus »: Les Seigneurs de Romain Gavras (Kourtrajmé)

« Erweiterung meiner Möglichkeiten, mal sehen » (i.e. élargissement de mes possibilités, faut voir)

Des propositions chez Aura agency mais il pourrait bien rester en contact avec Abdel Raouf Dafri parce qu’il y a la confiance

Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /Août /2009 01:26

« Créer n’est rien autre qu’ordonner un chaos », Guillaume Apollinaire


Petite mise en perspective de 2 maniaques boulimiques de l’image et du film, avec 2 univers spécifiques mais 1 seule monomanie.
Une iconophagie qui nourrit leur univers artistique et
 stimule leur innovation, en clair une gloutonnerie visuelle compulsive qui les poursuit depuis leur adolescence de nerd.

 

Martin Parr

Quentin Tarantino

Physique

« menton volontaire, signe de caractère » ou « menton prognate, comme chez les primates »? (le débat psychomorphologique est lancé)

Formation
(propice à éveiller
des compulsions de répétition)

Fils de fans d’ornithologie & fan de trainspotting (i.e. activité qui consiste à suivre le passage des trains)

Ex-employé de vidéo-club

Reconnaissance internationale controversée

Entrée à l’agence Magnum en 1994 acquise à une voix seulement après moult discussions

Reservoir’s Dogs à Cannes en 1992 & une Palme d’Or 1994 sifflée pour Pulp Fiction

Approche

my whole thing is to photograph consumerism using the language of commercial photograpy

Un cinéma référentiel et ludique fait de films-hommage (à la blackploitation, au cinéma asiatique…) qui recyclent ou réinventent les genres en les passant à sa moulinette perso

Style & esthétique

Vision au microscope d’un entomologiste qui dissèque ses sujets et épingle les travers de ses contemporains

Construction scénaristique éclatée avec chronologie chamboulée, déconstruction du récit, flash-backs, chapitrage, recherche du spectacle

Références et influences

Culture photographique construite autour de Robert Frank, Cartier-Bresson, Winogrand, Eggleston, Friedlander, la street photography en général

Culture cinématographique faite de films de Hong Kong, séries B et Z, Nouvelle Vague française… Tout y passe

Regard d’historien érudit, d’encyclopédiste amoureux de talents méconnus

Acheteur de la photo documentaire anglaise (Tony Ray-Jones, Chris Killip, Graham Smith, Mark Neville) et amateur des photos publicitaires de John Hinde

Encenseur du Chungking Express de Wong Kar-wai, de Melville, de John Woo, du Battle Royal de Fukasaku, le cinéma référentiel de Tarantino est un hommage permanent aux films qu’il a aimé

L’anecdote comme procédé narratif

Sélection de détails (gros plans), série de mêmes spécimens (les touristes, les places de parking, les fleurs…)

Dialogues sur le « Big Mac », « Like a virgin » et autres petites histoires dans l’histoire (la blague des chiottes, la montre de Butch, la jeunesse d’O-Ren Ishii)

Sujets de prédilection

La pop-culture et la middle-class, le consumérisme, le tourisme, l’Angleterre et les Anglais

Même si ses films appartiennent à des genres différents, les accès de violence et les armes y sont des thèmes récurrents

Type d’humour noir

Excentricité et ironie acide, un peu entre rire et larme. Une satire du banal et du contemporain

Trash truculent, gore grinçant. D’Une nuit en enfer à Boulevard de la mort en passant par l’oreille coupée de Reservoir Dogs, l’excès d'hémoglobine apparaît toujours jouissif

Figures imposées

Macro et close shots, les head shots, la junk food, la chair qui dépasse, les couleurs vives, saturées au flash, le détail kitsch…

Acteurs récurrents (Samuel L. Jackson, Uma Thurman), casting et musique de choix, dialogues bavards mais ciselés, citations et références …

Succès public et entertainment

Selon lui, la photo est un art exploitative par essence qui tire profit de l’image de ses sujets. En conséquence, il assume photo de mode et commandes.

Prolifique en termes de publications, c’est le vendeur n°1 de Magnum.

Il réalise l’épisode 25 de Urgences (Saison 1) « Maternité » et le double épisode final de la saison 5 de la série « Les experts CSI ». Comme quoi, il sait aussi donner dans le mainstream, pas que dans la référence au film underground.
Et ça marche. Les frères Weinstein (ex-Miramax) ne lâcheront pas leur auteur bankable.

Un style qui ne plait pas à tout le monde

Accusé d’ironie cruelle, méprisante, hautaine et de ne proposer qu’une vision caricaturale d’un monde laid

Accusé d’esthétiser la violence et de ne proposer qu’un recyclage artificiel et futile de films

Disciples / copycats

Flickr Parr group

Eli Roth, Robert Rodriguez

Autres / miscellaneous

Collectionneur pathologique (montres de Saddam Hussein, cartes postales, livres de photos…)

Fétichiste des pieds féminins

Pour voyager dans leur tête

Exposition Planète Parr jusqu’au 27 septembre 2009 au Jeu de Paume à Paris

Inglorious Basterds sur les écrans depuis le 19/08/09

Conclusion

Photographe du réel qui témoigne de notre monde contemporain sans trucage (« je ne fais jamais de mise en scène »)

Cinéaste du fantasme qui témoigne de sa cinéphilie sans frontières


Bref, si vos enfants ressemblent à des nerds ou collectionnent des trucs un peu weird, n’ayez pas peur, ce sont peut-être de futurs génies…

Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 10:55

L'anglais, c'est comme le surf (enfin, le snowboard), on peut rapidement faire semblant de savoir en faire.
Pas le peine de prendre des cours, quelque tricks et l'affaire est dans le sac.



1/ le positive reinforcement:
Si en France, on dit souvent "pas mal" pour dire "bien", aux US, on est pas tiède dans ses commentaires, tout est "great, cool, amazing, exciting, wicked, awesome"...
"Awesome" est particulièrement usité et on peut encore renforcer le caractère superlatif avec un "so" ou un "fucking" juste devant. Et juste derrière, un "seriously" pour appuyer le tout.
Ce qui donne: "this is so fucking awesome, seriously".
PS: Ces constructions sont incorporées dans notre "trop fort". Bravo le djeun's.


2/ le metaphorical speech:
Si en France, on aime bien le concept et les mots en -isme, aux US, on préfère l'image et les formules parlantes.
On ne dit pas "l'existentialisme est un humanisme", on dit "man is like doomed to be free".
Le "like" s'accommode à toutes les sauces. Pour exprimer son état d'esprit: "I'm like...", pour qualifier une situation: "it's like..."
Dans la même veine analogique, les "kinda" et "pretty much" peuvent se substituer à "like": "I'm kinda..."


3/ l'interlocutor's involvement:
Si en France, on aime bien trouver le mot exact, aux US, on préfère couper court et impliquer l'interlocuteur.
Plutôt que de chercher l'adjectif qui convient, une petite ellipse et hop: "you know" ou "you know what I mean"


Tous ces tricks peuvent se combiner.
Et au final, on obtient une sensation de vocabulaire plutôt limité "like, whatever, you know".
Mais au moins, on peut se laisser glisser freestyle, comme en snow.

Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 10:50
 J'ai des lacunes certaines au sujet de l'automobile et des voitures en général mais il y a un truc qui me chiffonne.

Pontiac (RIP: 2009), Oldsmobile (RIP: 2004), Plymouth (RIP: 2001). Bref, la récurrence d'un constat d'échec de marques US ayant su produire des modèles mythiques attractifs. Cela me paraît symptomatique de l'aberration des restructurations de l'industrie, limitées à du colmatage financier pour au final laisser le projet industriel en jachère (quelle vision ont-ils pour la marque qu'ils restructurent? quel contenu lui donnent-ils?). Quelle viabilité à long terme si les voitures produites à grand coup d'aides du contribuable n'intéressent pas, ne séduisent pas le consommateur?

Pour qu'une marque puisse renaître de ses cendres, il me paraît essentiel de bien cerner ce que le consommateur pouvait lui trouver au temps de la splendeur.
Dans le business du streetwear, Adidas, Puma ou Nike ont resorti des cartons des modèles vintage et ont su re-susciter l'envie. Il existe un réel marché pour les kicks collectors et des vieux modèles ont été remis en production/circulation (stan smith >40 ans, air force 1 >20 ans, etc). Dans le marché du disque, on réédite des classiques qui continuent de plaire.

Dès lors, pourquoi ne pas resortir des modèles originaux des 70's comme GTO, rocket, firebird, barracuda, roadrunner, mustang, impala, camaro? Le slogan de Pontiac était: "We Build Excitement".
Je comprend que Renault choississe d'économiser sur le design pour produire une Logan accessible. C'est un créneau. Bas prix, style insipide: le positionnement cheap. Mais on peut aussi reconnaitre le design comme un levier d'achat surtout quand les designs ont été déjà validés et déjà rentabilisés... Puiser dans l'héritage, capitaliser sur le passé, monétiser la légende, rentabiliser les actifs: du bon sens commercial?

Je suppose que la réponse est: "le marché n'a pas la taille critique" ou "les muscle cars ne sont plus à la mode". J'espère juste qu'une contre-étude de marché sera capable de démonter ce qui me parait etre un gros gâchis. Et puis mince, Tarantino a bien été capable de rebooster la demande des shoes Onitsuka Tigers avec "Kill Bill", pourquoi "Grindhouse / Boulevart de la Mort" n'a pas poussé Rick Wagoner à relancer les modèles emblèmatiqes de General Motors? Je suppose que la réponse est: "Rick Wagoner est un con".

PS: si je pouvais avoir une Firebird 69 avec un pot catalytique, des airbags, une direction assistée et qui suce tout doux...

 
 
Pontiac GTO Judge 1969                                                             Ford Mustang 1969
   
Plymouth Cuda 1970                                                                    Dodge Challenger 1972
   
Oldsmobile Toronado 1968                                                          Chevrolet Impala SS 1969
   
Oldsmobile 442 Hurst 1969                                                          Oldsmobile 442 1969    
Chevrolet Camaro SS 1969                                                          Chevrolet Camaro 1970
   
Chevrolet Chevelle 1970                                                              Ford Gran Torino 1972
   
Ford Mustang GT390 1968                                                          Oldsmobile F85 1968
   
Plymouth RoadRunner 1970                                                         Plymouth Baracuda 1970
 
Pontiac Firebird 1968                                                                   Pontiac GTO 1968

Re-PS: le respect de l'environnement passe aussi par un design qui ne soit pas à chier
Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /Avr /2009 06:26

Je travaille actuellement aux Etats-Unis et quand on me demande de France comment c’est, je ne sais pas quoi répondre. Au bureau, enfin dans mon cubicle planté au milieu d’un open space, mes collègues surfent sur internet, font des pauses café et discutent de la crise. Rien de spécial à signaler.

Et pourtant…

 

Sans s’en rendre compte, un tas de trucs qui nous paraissent à la base ahurissants et étrangers à notre ADN culturel européen deviennent des éléments naturels de notre paysage local. Vous me direz, c’est pas nouveau, les USA colonisent notre mode de vie depuis les 50’s avec leur Coca, leurs Levi’s et leur industrie cinématographique. Certes, mais il semble qu’avant, on mesurait les différences et le changements qui pouvaient en découler avec un décalage temporel qui imposait clarté et évidence. Désormais, on ne s’en rend plus compte. L’accélération du transfert, de la greffe rend la transformation « seamless », sans couture, invisible.

 

L’open space, par exemple, plus personne n’y échappe (à part Jean-Michel Ranu à la Cogip). Il y a peu, on trouvait cette atteinte à la « privacy » aliénante. Désormais, plus personne ne s’en offusque et avoir un bureau « fermé » semble même anachronique, un repaire de glandeur (à la Jean-Michel Ranu)…

Au boulot, l’évaluation de la performance, c'est-à-dire le screening des résultats des salariés à l’aune de critères « objectifs » passe pour un gage de bonne santé de l’entreprise, ainsi capable de suivre la progression de son capital humain. Préparer son entretien annuel, soigner la présentation de son bilan  personnel, communiquer ses achievements, ça ne choque plus personne, à part peut-être le moustachu en sandales que tu croises parfois à la cantine et qui s’occupe de la « cellule » syndicale…

 

Je sors maintenant du cadre corporate pour évoquer plus de légèreté. Voici quelques pépites de la reality TV pour vous bientôt/déjà sur vos écrans :

-          « Bully beatdown » ou comment ton Nelson, ton Kubiak, bref celui qui t’embête relève le défi  - contre une promesse de gain (quelques K$) - de se prendre une bonne raclée par un pro de l’UFC (Ultimate Fighting Championship), c'est-à-dire un street fighter qui fait du MMA (mixed martial arts)

-          « Rock of love bus » ou comment maquer une vieille gloire du glam rock – Bret Michaels du groupe Poison – avec une petite traînée qui se trottine en poum poum short pour se faire un peu de promo (et devenir mannequin, chanteuse ou premier rôle d’un spin-off de reality show…)

-          « Daisy of love » ou comment une ex de Bret Michaels (eh oui) essaye de se maquer avec un wannabe rocker tendance loser excentrique (qui veut devenir...)

-          « Tough love » ou  comment quelques miss pathétiques mais photogéniques et à la langue fleurie (hum, les coquines), apprennent quelques règles élémentaires sur la séduction

Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /Juin /2008 00:12

Le Chabal de l’électro, le patriote de l’Eurovision, le Michel Legrand de la musique de film de porno, le Gainsbourg de la French Touch, Sébastien Tellier est devenu ce personnage multiple et réjouissant, bon client des plateaux télé qui nous raconte sa vie, son œuvre, et plein de conneries, toujours avec style et humour, mix de Jean-Claude Van Damne et de Jean-Michel Jarre.

 

Celui qui a piqué les lunettes noires de Grace Jones, ponctue ses phrases par des « Oui, non » et des « bon, voilà » et des petits rires caverneux, agite les bras, clope à la main, au-delà de son identité de musicien, est un type marrant.

Petit florilège :
- Sa vie de rêve : « Moi j’aime bien la vie des réalisateurs, peinards, assis sur un fauteuil. »
- Sa façon de travailler : « Je me mets au piano, j’appuie n’importe où et j’attends d’avoir de la chance, tout simplement. »
- Son talent : « Toutes mes actions sont une suite de maladresses dont le résultat peut sembler habile. »
- Son regard critique : « Mon cerveau ne me permet pas réellement de bien réfléchir », d’ailleurs « on réfléchit mieux quand on pense pas ».


Néanmoins, derrière ses petits airs ingénus, le mec qui veut nous conceptualiser sa musique comme le fruit du « destin et du hasard », analyse ses thèmes de réflexion (famille, politique, sexualité) comme des objets philosophiques.
Et puis, rebelote, l’évocation de sa collobaration avec Guy-Manuel de Homen-Christo des Daft Punk (pour son dernier album Sexuality) suscite des commentaires délirants : « avec Guy-Man, c’était des douches de champagne et de l’amusement ». Finalement, c’est cette alternance de déconnade et de sérieux qui le caractérise : sachant provoquer des fous rires et puis de la réflexion l’instant d’après, tout en plébiscitant la superficialité.

On l'aura compris, sa figure de style préférée, c'est la réconciliation des contraires :
- Le sexe : « Moi ? Je suis freestyle, j’aime ce qui est entre classe et dégueulasse. »
- Son mode de vie : « clochard rockstar »
- Son kif : « La drogue bonne enfant »
- Son artiste : « Gainsbourg et Gainsbarre »
- Sa personnalité : « excentrique et normale », « superficielle et profonde », « burlesque et sérieuse »
- Sa musique : « classe et bling-bling »,

Son premier succès d'ailleurs, c’est la Ritournelle. Mais il préfère en minorer le côté "hit underground" (eh oui, encore un paradoxe) « car après les gens disent : ah ! number one, oh, là, là, tu peux pas me prêter de la thune ?… »

Bien sûr, il cultive son côté décalé, son image grand guignol, un peu fumeuse.  « Je pourrais trouver la vérité finalement parce que je suis toujours à côté. Je sais que ce que je pense, au moins, c’est pas ça ». Mais ce positionnement lui va bien. Il a trouvé sa nature spectaculaire. Mais bon, tranquille, il recadre: « le but de ma vie, c’est quand même de me reposer ».

Vous êtes prévenus, il n’aime pas l’agressivité des salles de concert rock et préfère l’ambiance des musées. Pourquoi ? « Dans un musée, c’est tout calme, c’est tout doux, c’est tout propre, c’est tout gentil ».

Lui aussi, c’est un gentil.

Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /Juin /2008 17:02

Si je récap les thèmes évoqués, ça donne clips, musique, internet, réseaux, photo, hype, shoes, pub… Pour faire le lien entre tout ça, une seule solution, Nadège Winter, la VRP touche à tout qui monte qui monte.

Nadège Winter, c’est la femme de Busy P, boss de Ed Banger Records, grand manitou du succès de Daft Punk et de Justice. Nadège, c’est donc une headbangirl, une fille qui se secoue la tête sur des rythmes effrénés.

Nadège aka Nana Summer, pendant féminin de Pedro Winter, touche elle-même également au son avec Vicarious Bliss, un comparse de l’écurie de son compagnon. Le couple Winter ne se contente donc pas de faire cause commune à la maison, ils sont business partners dans le Wintertainment. Ils ont ainsi sortis une édition spéciale du magazine WAD sous leur patronage éditorial affichant leurs goûts et leur curiosité.

 

Nadège est grande copine avec Nathalie Canguilhem, aka Nastynat, clippeuse de Sefyu et photographe à ses heures.

 

Nadège, c’est une réseauteuse hors catégorie. Sur Facebook et Myspace, elle te surclasse forcément avec ses plus de XXX amis. C’est d’ailleurs son métier.

En effet, elle est directrice de la communication et des relations publiques de Colette, le magasin trendy parisien qui vend des ceintures Justice à 290€ et des T-shirts So-Me à 80€ via son spin-off online www.wesoldout.com.


Leaders d’opinion, influencers, prescripteurs sont tous ses potes (ie. ils sont à sa botte). Son job : maintenir l’awareness Colette et colporter le message corporate. Pour qu’au final, Colette continue de susciter la convoitise avec ses articles exclusifs et autres limited editions… Pour les Nike collectors qui feront plaisir à la street, elle appelle Julien Cahn. Pour la séance photo qui tape, hop, elle demande à X2N de chez EMI.


Et même quand elle ne se la donne pas dans le DJing spirit et le côté dancing maniac, elle reste dans le léger. Car si c’est une ecolo, c’est en mode ludique et gentil où l’on vante le « green is in » avec une green dream team d’eco-friends.
Slogan : « Environment by Entertainment ! Entertainment of Environment ! Green is Easy, Green is Funky ». Son positionnement : la value chain de la légèreté. Que ce soit Music, Art, Clubbing, Street ou Fashion business, elle mène la danse.



Son background ?
Manager chez Delabel durant l’ère de Buretel, productrice de clips chez Partizan, directrice de la communication du Palais de Tokyo à Paris. Nadège, c'est plus fort que toi.

Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /Mars /2008 23:31

h_3_ill_994087_07122817_buretel-x1p1_ori.jpg

De Buretel, c’est le boss de Because Music
, la boîte de prod musicale indé du moment. Le label compte dans son roster des artistes à la fois pointus et connus comme Sefyu, Charlotte Gainsbourg, Justice, Manu Chao, Tandem, Jarvis Cocker, Les Rita Mitsouko, Amadou et Mariam, DJ Medhi, Keziah Jones… Hip-hop, world musique, rock, chanson, la besace est éclectique. Au-delà de ces profils variés, un point commun : un mode de développement des artistes adapté aux évolutions technologiques, aux changements d'habitude de consommation, à la situation du marché de la musique, au monde musical moderne.

Pour comprendre le succès de Because, autoproclamé label du futur en réponse à la crise de l’industrie du disque, il faut surtout revenir sur le parcours de ce malin de Manu, qui a su, au fil des années, anticiper les tendances et reconnaître la viabilité commerciale des différentes scènes musicales émergentes mais aussi adapter l’économie de son industrie en réfléchissant à de nouveaux modèles de production et distribution.
 

22 décembre 1958 : naissance d’Emmanuel de Buretel de Chassey à Lyon, dans une famille d'origine lorraine avec une tradition militaire.

80’s
 : Ancien élève de l’école nationale des travaux publics de l’Etat de Vaulx-en-Velin (ENTPE), étudiant en MSc au MIT, il organise des concerts avec The Cure, U2, Sade.

zelnik.jpg 1981
: établissement de Virgin Music France par Patrick Zelnik (cf. photo), ex-Polydor, pour le compte de Richard Branson, 21 ans, créateur de Virgin. (Virgin France signe Etienne Daho, repéré par Philippe Constantin, et des artistes de la chanson comme Julien Clerc, Renaud et Liane Foly).







1985 : Emmanuel intègre Virgin en tant que managing director de Virgin Publishing France, soit l'entité d'édition musicale qui gère les droits de Jean-Louis Murat, Cheb Khaled, Manu Dibango ou Youssou N'Dour entre autres.

1986
: directeur de Editions Virgin Music, il est un « publisher » qui exploite un catalogue mais qui sait aussi créer le buzz, contacter des personnes clé des média et utiliser ses connections pour obtenir des contrats d’album, créer un réseau international de contacts avec des labels, des managers et des publicitaires, travailler la nature internationale de son catalogue, le potentiel export de ses artistes (=> ce sont les années « rock indé » avec les Négresses Vertes signées en mars 1988, les Rita Mitsouko, Mano Negra).
 

1990 : il crée Delabel (en partenariat avec Virgin qui possède 95% des parts) et signe immédiatement un inconnu, Keziah Jones. Il fait venir le guitariste J.J. Cale. Mais c’est l’apparition du rap qui fait décoller Delabel avec en premier lieu, la compilation Rappatitude. Le label développe sur le long terme des artistes en s’associant dans le processus créatif, en s’impliquant dans le marketing promotionnel, en proposant des idées neuves et en intégrant la dimension internationale dans la stratégie d’ensemble. Cette démarche d’investissement financier dans l’artistique se traduit par des résultats de qualité. Le rap prend de l’ampleur et Delabel avec : IAM, Alliance Ethnik, Assassin, Tonton David, Ministère Amer…

nataf_fabrice.jpg 1992
 : à la suite de l’acquisition à $1Mds de Virgin Music Group par la major EMI, il est nommé DG de Virgin France en remplacement de Fabrice Nataf (cf. photo) parti chez BMG (et qui est revenu chez EMI pour s’occuper de l’activité Publishing France en octobre 2001). Le succès de Delabel est notamment à mettre à l’actif de Laurence Touitou, ex-productrice de « Hip-Hop », la 1e émission de rap à la TV, et qui reprend Delabel en charge suite aux nouvelles responsabilités d’Emmanuel.




phillipe_ascoli.jpg Septembre 1995
 : sous la responsabilité d’Emmanuel, Philippe Ascoli (cf. photo), directeur artistique chez Virgin crée le label Source au sein du groupe pour driver les artistes pop électro (=> la French touch s’invente une identité). Ascoli a découvert MC Solaar et puis des artistes comme Air, Simian, Phoenix, Saïan Supa Crew… Toujours sous le management d’Emmanuel, une troisième division intitulée Labels est créée et confiée à Alain Artaud, directeur marketing international de Virgin (pressenti un moment pour la direction de Virgin lors de l’acquisition par EMI). Elle s’occupe des relations avec des labels indépendants étrangers et traite en direct avec des groupes techno comme Daft Punk.


chul.jpg 1996
 : création au sein de Delabel du sous-label Hostile par Benjamin Chulvanij pour suivre le mouvement hip-hop (Benjamin deviendra en avril 2000 boss de Delabel après le départ de Laurence Touitou ; puis pour la division Capitol Records de EMI, il gérera à partir d’août 2003 en remplacement d’Alain Artaud, Capitol, Parlophone, Delabel et Hostile. Il a aussi été jury de Popstars en 2007, format de real-TV conspué par Emmanuel).



1996
 : sortie de Première Consultation de Doc Gyneco, signé par Virgin en 1994. L’album devient disque de platine et le Doc se plaindra d’être exploité et considéré comme « la poule aux disques d’or ». Buretel est contesté : soi-disant pas assez « gentleman », pas assez « noble » dans son approche du business.

1996
 : Frédéric Junqua, chef des ventes internationales, le remplace à la tête de Virgin France. (Il est devenu producteur de « la Sciences des rêves » de Michel Gondry).

undefined Septembre 1997
 : Patrick Zelnik quitte la présidence de Virgin France pour créer le label Naïve avec le publicitaire Eric Tong-Cuong (cf. photo). De Buretel le remplace à la présidence de Virgin France.






1997
: il est élu Manager de l’Année par la magazine professionnel La Lettre du Disque.

Juillet 1998
 : Philips, multinationale néerlandaise vend Polygram (la plus importante maison de disques au monde) à Universal et lance son copieur de CD.

Octobre 1998
 : Virgin France a doublé ses ventes totales de 450 MF (75M$) à 850 MF(142 M$) entre 1992 et 1997 et a fait passer sa part de marché 6% à 11,5%. Ses ventes export représente 10% de son CA. Ce succès permet à de Buretel de prendre la présidence de Virgin Continental Europe, en plus de la France. Il s’occupe ainsi des opérations internationales de Virgin et donc accompagne le développement d’artistes “border breakers » comme Manu Chao, Daft Punk ou Air. Et il est en charge de coordonner les actions des 10 filiales européennes de Virgin, hors Grande-Bretagne. Dans la hiérarchie, il reporte directement à Ken Berry, le CEO de Virgin.

1999
 : Outre ses responsabilités chez Virgin, il est lobbyiste à la SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique). Il défend ainsi les intérêts de la profession menacée par le piratage et la contrefaçon (copie de CD via les graveurs, téléchargement illégal sur le Net) et il veut faire évoluer la législation pour mieux défendre les droits des producteurs : baisse de la TVA sur la disque, protection du prix du disque… Il est également président du Bureau de la Musique française basé à Londres et du French Music Office basé à Los Angeles, organes cofinancés par le Ministère de la Culture pour promouvoir la musique française sur les marchés internationaux.

berry.jpg Janvier 2000
: annonce du rachat d’EMI par Time-Warner. Ken Berry, COO anticipé du nouvel ensemble, prévoit déjà des synergies de coûts. Puis rumeurs de fusion avec Bertelsmann BMG. Ces tentatives de rapprochements se soldent toutes par des échecs du fait de contraintes réglementaires, business…





1 août 2001
: Emmanuel est nommé CEO et président de EMI Recorded Music pour l’Europe (y compris le UK), le Moyen Orient et l’Afrique. A ce poste, il remplace Charlie Dimont devenu executive VP à New York dans le cadre de la restructuration du groupe EMI. Il cumule ainsi les responsabilités internationales pour les divisions de Virgin et EMI. Cette stratégie de rationalisation des postes managériaux vise ainsi à accroître la coordination entre les 2 sociétés fusionnées en 1992, tout en maintenant l’identité de leurs différents labels. EMI est une vieille maison centenaire avec un catalogue riche d’artistes dans tous les magazines alors que Virgin n’a que 30 ans et un répertoire plus contemporain. La part de marché de EMI en Europe est de 19% : le groupe arrive 2e derrière Universal. Le rôle d’Emmanuel consiste à favoriser le développement du répertoire local et à optimiser le potentiel export de ces artistes capables de rayonner au-delà de leurs pays comme Air et Daft Punk (=> premier dans la musique électro). Cela passe par une structure de direction artistique européenne.

25 Septembre 2001
: EMI émet un “profit warning”. La sous-performance d’EMI aux USA implique des changements.

levy.jpg 14 Octobre 2001
 : Ken Berry, CEO de EMI Recorded Music est remplacé par Alain Lévy (cf. photo), ancien CEO de Polygram de 1991 à 1998, date du rachat par Seagram. Cette décision a été prise par Eric Nicoli, président du groupe EMI depuis 1999. David Munns, manageur de Bon Jovi, est chargé de la supervision mondiale du marketing et des RH. Un audit du personnel et des artistes est prévu pour faire le tri. A défaut de marier EMI, il s’agit d’en faire une “stand-alone company” efficace, capable de se restructurer.




Novembre 2001 : dans ce contexte incertain, Emmanuel démissionne du French Export Office

 

tonywadsworth.jpg Janvier 2002 : Tony Wadsworth (cf. photo), directeur du label EMI Parlophone (qui a accompagné les succès de Blur, Radiohead, Supergrass, Coldplay, Gorillaz…) devient directeur de EMI UK et reprend ainsi la responsabilité de ce territoire à Emmanuel.





5 février 2002
 : EMI émet un 2e profit warning

Février 2002
 : EMI change en Capitol. Désormais EMI sert uniquement de nom corporate au groupe qui réunit 2 divisions-marques, Capitol et Virgin, qui gèrent chacune leurs labels. Les back-offices des différents labels sont regroupés dans un shared-services center. Alain Artaud devient président de Capitol Records France et Laurent Chapeau de Virgin Records France.

Mai 2002
 : rachat par EMI du label anglais Mute (Depeche Mode, Moby…) fondé par Daniel Miller pour 23M£.

Octobre 2002
 : suite au décès du directeur artistique Philippe Constantin en janvier 1996 (découvreur de Higelin, Téléphone, Noir Désir…), Emmanuel avait proposé de créer le prix Constantin pour mettre en lumière le « talent et l’originalité » de nouveaux artistes. C’est chose faite.

Novembre 2002
 : l’ex publicitaire Eric Tong-Cuong prend la présidence d'EMI France.


26 janvier 2004
 : Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres par Jean-Jacques Aillagon.

JFCecillon.jpg 31 mars 2004
 : départ de la direction de EMI Europe (remplacement par Jean-Francois Cécillon (cf. photo), autre figure française de l’industrie qui a signé Robbie Williams au UK et qui depuis 2007, dirige la structure monde EMI Music International) et fondation dans la foulée d’une société d'édition et de production musicale (E2B, i.e. Emmanuel de Buretel en langage texto). Because naît avec l’aide de la banque d’investissement Lazard.




taylor-copie-copie-1.jpg Juin 2004
 : prise de participation de 50% de Corida, holding regroupant salles de spectacles parisiennes (la Boule Noire, la Cigale, le Trabendo), société d'organisation de concerts et de management (Manu Chao, Négresses Vertes, Rita Mitsouko, Zebda...), société d'édition musicale (Hi-Jack) et label discographique (Wah-Wah). Le modèle économique en ligne de mire, c’est l’intégration de plusieurs activités : production de disques, management, merchandising, organisation de tournées. Soit la diversification prônée par Sanctuary Group, la maison de prod d’Iron Maiden (fondée en 1976 par Andy Taylor (cf. photo) et rachetée en juin 2007 par Universal). Comme Manu le dit lui-même, l’objectif est de « maîtriser l'ensemble de la chaîne » car « plus de transversalité permet de valoriser les actifs ». Face à la baisse des revenus du disque, les synergies entre activités permettent à Because d’être rentable par compensation des postes. Le développement des artistes et l’optimisation de leurs projets passe ainsi par la consolidation de tous les types d'exploitation : édition, production, diffusion sur tous supports (CD, audiovisuel, spectacle vivant, téléphonie, Internet, édition papier). Les concerts ayant l’atout d’être non piratables.
hands.jpg
nicoli.jpg Juillet 2004
 : EMI continue sa restructuration. Démission de Eric Tong Cuong de la présidence de EMI France. Fin de l’ère de Buretel chez EMI, qui poursuit en mode cost-cutting avec Alain Lévy et David Munns, eux-mêmes remerciés début 2007 suite aux mauvais résultats 2006, et avec le retrait opérationnel de Eric Nicoli (cf. photo gauche) en septembre 2007 suite au rachat de EMI par le fonds d’investissement Terra Firma de Guy Hands (cf. photo droite), après de vaines tentatives de la part de Warner Music et Permira entre autres.


Décembre 2004
 : décès de Jacques Renault, PDG de Corida

2007
 : signature d’un contrat de licence avec Ed Banger. Because devient plate-forme de diffusion de Justice, actuellement le groupe-phare de l’électro qui revendique le besoin d’être « épaulé par une structure marketing hyper motivée ». Justice gagne en novembre son 2e prix aux MTV Europe Music Awards.

2008
 : Manu a réussi son pari de valoriser à l’international une création musicale multiculturelle (comme à l’ère Delabel) et ses différents modes d'exploitation (dans une économie soumise à un environnement high-tech évolutif). Rachat de Because Music par Universal ?

 

Au final, Manu c’est :

- un directeur artistique. En anglais, un pro de l’A&R (i.e. Artists and Repertoire). Celui qui déniche les artistes et les accompagne dans leur développement artistique et commercial, présent sur tous les terrains (studios, concerts, bureaux) pour créer les conditions de l’épanouissement artistique et favoriser l’écho médiatique de ses poulains. Il est capable de marier les genres. Il a de l’intuition et il a le sens de l’affectif. C’est un négociateur avisé. Il suscite collaborations artistiques, anticipe les tendances musicales, gère égos créatifs et contrats léonins. Il est apprécié pour ses qualités humaines et son intégrité. Mais certains comme Gyneco ont une vision moins positive du personnage et déplore leur statut de « poule aux disques d'or » qui se fait plumer. Néanmoins, il développe des rapports contractuels originaux avec ses artistes via des clauses d’attachement comme avec Manu Chao qui revendique de signer non avec une maison de disque mais avec de Buretel. Cette « keyman clause » a ainsi permis à Manu (Chao) de rejoindre Manu (de Buretel) lorsqu’EMI a dit ciao à ce dernier.

- un manager. Il a su s’entourer et faire progresser des collaborateurs de talent et ainsi pouvoir assumer lui-même de nouvelles responsabilités. Eric Bielsa l’a suivi de Virgin chez Because pour s’occuper des parties finances et opérationnel. Philippe Ascoli, passé par le UK, est désormais DG de Virgin France. Il a aussi fait confiance à Benjamin Chulvanij, Eric Tong-Cuong, Laurence Touitou. Son style manageriel est réputé direct, abrasif, parfois peu diplomate. Mais il sait développer ses équipes.

- un dirigeant. Il a su réformer de l’intérieur une major et ainsi réorganiser EMI/Virgin en structures autonomes (les labels Delabel, Source, Labels, Hostile) travaillant comme des laboratoires de production capables de pister les courants musicaux et de développer les nouveaux artistes du rap, de l’électro et du rock. Plutôt que d’enrichir le catalogue par l’achat de labels extérieurs, Manu a su privilégier une croissance organique. Il a ainsi toujours cherché à « optimiser les labels et la structure managérial » chez Virgin / EMI. 

- un entrepreneur. Il a commencé par l’intraprenariat en créant Delabel au sein de Virgin, puis a cédé à l’entreprenariat en créant le label Because Music un fois parti de chez EMI. Il a l’optimisme et l’enthousiasme d’un créateur qui relève des défis et a confiance dans l’atteinte de ses objectifs.

- un marketer. En termes de distribution et de commercialisation, il n’hésite pas à innover et à marier art et technologie. Il conçoit la musique comme un produit sophistiqué et cherche à utiliser les nouveaux vecteurs de communication et de diffusion de la musique pour établir un contact plus direct avec le consommateur. Il a été l’initiateur de « Yeha Noha », succès de l’été 1995, chanté et dansé par des Indiens d'Amérique, une lambada mystico-écolo-tribale relayée par TF1. Il fonde actuellement sa promotion sur des partenariats avec SFR, Orange, TF1, France Télévisions, Dailymotion. Il fait preuve de créativité et réinvente son approche marketing pour travailler différemment. Il sait ainsi transformer les hits nationaux en succès européens ou mondiaux.

- un stratège. Son approche du marché est de créer un label international haut de gamme. Because base son succès sur des artistes avec un potentiel d’export : des chansons en anglais pour les Rita, pour Charlotte Gainsbourg ; des artistes électro sans paroles comme Air, Daft Punk ou Justice ; des artistes multiculturels au répertoire worldmusic comme Amadou et Mariam ou manu Chao ; des couvertures presse internationale. Because, c’est aussi un label multidisciplinaire qui s’emploie à faire tourner ses artistes en remplissant ses salles de concert comme la Cigale, qui se fait distribuer en France par Wagram.

- un européen. Chez EMI, il a réussi à faire passer les ventes d'albums français à l'étranger de 1,5 en 1993 à 13 millions en 1998 et plus de 39 millions d'unités en 2000. 


jenna-de-rosnay-copie-1.jpg Pour l’info people, Emmanuel de Buretel est marié avec Jenna de Rosnay (née Severson, du nom du photographe, créateur du magazine Surf Magazine). Jenna a une fille Alizé, née de son premier mariage avec Arnaud Fromet de Rosnay (aventurier, photographe, beau gosse disparu en 1984 en mer de Chine lors d’une traversée en planche à voile). Emmanuel et Jenna ont trois filles Kéa, Luna, Aleya.

Nota (thx Valmont): Xavier de Rosnay, du groupe Justice, ne fait pas partie de la famille: c'est un Dulong de Rosnay et non un Fromet de Rosnay...

Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 01:53
La photo HDR a le vent en poupe sur les flow du hip-hop.

 

Le HDR, qu’est-ce que c’est, me direz-vous ? Le HDR ou High Dynamic Range, c’est un effet numérique qui permet de prendre en compte plusieurs temps d’exposition pour une même photo, lui offrant ainsi une luminosité parfaite sur les moindres détails. Mais les photos en HDR ne sont souvent qu’une première étape pour un travail de retouche sur Photoshop via filtres, calques et compagnie. On obtient alors le traitement photo qui fait bander les bandits du hip-hop : un grain un peu pictural, un rendu poussiéreux, délavé.

 

Le HDR est basé sur des prises de vue différentes d’un même sujet (i.e. auto-bracketing avec au moins 3 photos dont une bien exposée et sinon les autres en « sous-ex » et en « sur-ex »). Ensuite, les pixels de ces photos sont enregistrés / mémorisés sur une seule image via un logiciel type Photomix qui intègre toutes ces données numériques et restitue une vue avec une gamme de luminosité dynamique. Le process même empêche ainsi les shootings de sujets en mouvement : d’où une impression un peu statique avec des artistes qui prennent la pose avec en arrière-fond des paysages + ou – apocalyptiques.

Ce style est à tendance monopolistique dans le rap actuellement. Il truste les couvertures d’albums, les affiches presse, les photos promo, bref l’artwork complet des rappeurs. Désormais, le moindre artiste gravitant dans le game se fait tirer le portrait à la sauce HDR. Depuis que Fifou - photo-graphiste déjà évoqué - est arrivé sur Paris il y a 5 ans, c’est une invasion. Tout le monde, de la star aux wannabees, veut le style sale New-York lugubre.

 

Ce succès de la demande alimente un vrai commerce pour les photographes sur Myspace. Même si le gâteau est encore aux mains de quelques-uns parmi lesquels Fifou (qui se taille la part du lion et s’exporte aux US), Koria, Keisa, Dexta, Mr Tcho, Nitch, il est probable que le marché devienne progressivement plus concurrentiel au vu du nombre de bidouilleurs photoshopeurs exposant sur Flickr. Mais évidemment, la force du réseau perso peut faire encore la différence…

2bal.jpg    l-7a413250104c2edda47636b8d7c3d66e.jpg

PS: pour plus de photos, allez voir directement sur les Myspace

Par fabiolo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus