Mardi 18 mars 2008
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De Buretel, c’est le boss de Because Music
, la boîte de prod musicale indé du moment. Le label compte dans son roster des artistes à la fois pointus et connus comme Sefyu, Charlotte Gainsbourg, Justice, Manu Chao, Tandem, Jarvis Cocker, Les Rita Mitsouko, Amadou et Mariam, DJ Medhi, Keziah Jones… Hip-hop, world musique, rock, chanson, la besace est éclectique. Au-delà de ces profils variés, un point commun : un mode de développement des artistes adapté aux évolutions technologiques, aux changements d'habitude de consommation, à la situation du marché de la musique, au monde musical moderne.

Pour comprendre le succès de Because, autoproclamé label du futur en réponse à la crise de l’industrie du disque, il faut surtout revenir sur le parcours de ce malin de Manu, qui a su, au fil des années, anticiper les tendances et reconnaître la viabilité commerciale des différentes scènes musicales émergentes mais aussi adapter l’économie de son industrie en réfléchissant à de nouveaux modèles de production et distribution.
 

22 décembre 1958 : naissance d’Emmanuel de Buretel de Chassey à Lyon, dans une famille d'origine lorraine avec une tradition militaire.

80’s
 : Ancien élève de l’école nationale des travaux publics de l’Etat de Vaulx-en-Velin (ENTPE), étudiant en MSc au MIT, il organise des concerts avec The Cure, U2, Sade.

zelnik.jpg1981
: établissement de Virgin Music France par Patrick Zelnik (cf. photo), ex-Polydor, pour le compte de Richard Branson, 21 ans, créateur de Virgin. (Virgin France signe Etienne Daho, repéré par Philippe Constantin, et des artistes de la chanson comme Julien Clerc, Renaud et Liane Foly).







1985 : Emmanuel intègre Virgin en tant que managing director de Virgin Publishing France. Il découvre Jean-Louis Murat, Cheb Khaled, Manu Dibango, Youssou N'Dour.

1986
: directeur de Editions Virgin Music, il est un « publisher » qui exploite un catalogue mais qui sait aussi créer le buzz, contacter des personnes clé des média et utiliser ses connections pour obtenir des contrats d’album, créer un réseau international de contacts avec des labels, des managers et des publicitaires, travailler la nature internationale de son catalogue, le potentiel export de ses artistes (=> ce sont les années « rock indé » avec les Négresses Vertes signées en mars 1988, les Rita Mitsouko, Mano Negra).
 

1990 : il crée Delabel (en partenariat avec Virgin qui possède 95% des parts) et signe immédiatement un inconnu, Keziah Jones. Il fait venir le guitariste J.J. Cale. Mais c’est l’apparition du rap qui fait décoller Delabel avec en premier lieu, la compilation Rappatitude. Le label développe sur le long terme des artistes en s’associant dans le processus créatif, en s’impliquant dans le marketing promotionnel, en proposant des idées neuves et en intégrant la dimension internationale dans la stratégie d’ensemble. Cette démarche d’investissement financier dans l’artistique se traduit par des résultats de qualité. Le rap prend de l’ampleur et Delabel avec : IAM, Alliance Ethnik, Assassin, Tonton David, Ministère Amer…

nataf_fabrice.jpg1992
 : à la suite de l’acquisition à $1Mds de Virgin Music Group par la major EMI, il est nommé DG de Virgin France en remplacement de Fabrice Nataf (cf. photo) parti chez BMG (et qui est revenu chez EMI pour s’occuper de l’activité Publishing France en octobre 2001). Le succès de Delabel est notamment à mettre à l’actif de Laurence Touitou, ex-productrice de « Hip-Hop », la 1e émission de rap à la TV, et qui reprend Delabel en charge suite aux nouvelles responsabilités d’Emmanuel.




phillipe_ascoli.jpgSeptembre 1995
 : sous la responsabilité d’Emmanuel, Philippe Ascoli (cf. photo), directeur artistique chez Virgin crée le label Source au sein du groupe pour driver les artistes pop électro (=> la French touch s’invente une identité). Ascoli a découvert MC Solaar et puis des artistes comme Air, Simian, Phoenix, Saïan Supa Crew… Toujours sous le management d’Emmanuel, une troisième division intitulée Labels est créée et confiée à Alain Artaud, directeur marketing international de Virgin (pressenti un moment pour la direction de Virgin lors de l’acquisition par EMI). Elle s’occupe des relations avec des labels indépendants étrangers et traite en direct avec des groupes techno comme Daft Punk.


chul.jpg1996
 : création au sein de Delabel du sous-label Hostile par Benjamin Chulvanij pour suivre le mouvement hip-hop (Benjamin deviendra en avril 2000 boss de Delabel après le départ de Laurence Touitou ; puis pour la division Capitol Records de EMI, il gérera à partir d’août 2003 en remplacement d’Alain Artaud, Capitol, Parlophone, Delabel et Hostile. Il a aussi été jury de Popstars en 2007, format de real-TV conspué par Emmanuel).



1996
 : sortie de Première Consultation de Doc Gyneco, signé par Virgin en 1994. L’album devient disque de platine et le Doc se plaindra d’être exploité et considéré comme « la poule aux disques d’or ». Buretel est contesté : soi-disant pas assez « gentleman », pas assez « noble » dans son approche du business.

1996
 : Frédéric Junqua, chef des ventes internationales, le remplace à la tête de Virgin France. (Il est devenu producteur de « la Sciences des rêves » de Michel Gondry).

undefinedSeptembre 1997
 : Patrick Zelnik quitte la présidence de Virgin France pour créer le label Naïve avec le publicitaire Eric Tong-Cuong (cf. photo). De Buretel le remplace à la tête de Virgin France.






1997
: il est élu Manager de l’Année par la magazine professionnel La Lettre du Disque.

Juillet 1998
 : Philips, multinationale néerlandaise vend Polygram (la plus importante maison de disques au monde) à Universal et lance son copieur de CD.

Octobre 1998
 : Virgin France a doublé ses ventes totales de 450 MF (75M$) à 850 MF(142 M$) entre 1992 et 1997 et a fait passer sa part de marché 6% à 11,5%. Ses ventes export représente 10% de son CA. Ce succès permet à de Buretel de prendre la présidence de Virgin Continental Europe, en plus de la France. Il s’occupe ainsi des opérations internationales de Virgin et donc accompagne le développement d’artistes “border breakers » comme Manu Chao, Daft Punk ou Air. Et il est en charge de coordonner les actions des 10 filiales européennes de Virgin, hors Grande-Bretagne. Dans la hiérarchie, il reporte directement à Ken Berry, le CEO de Virgin.

1999
 : Outre ses responsabilités chez Virgin, il est lobbyiste à la SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique). Il défend ainsi les intérêts de la profession menacée par le piratage et la contrefaçon (copie de CD via les graveurs, téléchargement illégal sur le Net) et il veut faire évoluer la législation pour mieux défendre les droits des producteurs : baisse de la TVA sur la disque, protection du prix du disque… Il est également président du Bureau de la Musique française basé à Londres et du French Music Office basé à Los Angeles, organes cofinancés par le Ministère de la Culture pour promouvoir la musique française sur les marchés internationaux.

berry.jpgJanvier 2000
: annonce du rachat d’EMI par Time-Warner. Ken Berry, COO anticipé du nouvel ensemble, prévoit déjà des synergies de coûts. Puis rumeurs de fusion avec Bertelsmann BMG. Ces tentatives de rapprochements se soldent toutes par des échecs du fait de contraintes réglementaires, business…





1 août 2001
: Emmanuel est nommé CEO et président de EMI Recorded Music pour l’Europe (y compris le UK), le Moyen Orient et l’Afrique. A ce poste, il remplace Charlie Dimont devenu executive VP à New York dans le cadre de la restructuration du groupe EMI. Il cumule ainsi les responsabilités internationales pour les divisions de Virgin et EMI. Cette stratégie de rationalisation des postes managériaux vise ainsi à accroître la coordination entre les 2 sociétés fusionnées en 1992, tout en maintenant l’identité de leurs différents labels. EMI est une vieille maison centenaire avec un catalogue riche d’artistes dans tous les magazines alors que Virgin n’a que 30 ans et un répertoire plus contemporain. La part de marché de EMI en Europe est de 19% : le groupe arrive 2e derrière Universal. Le rôle d’Emmanuel consiste à favoriser le développement du répertoire local et à optimiser le potentiel export de ces artistes capables de rayonner au-delà de leurs pays comme Air et Daft Punk (=> premier dans la musique électro). Cela passe par une structure de direction artistique européenne.

25 Septembre 2001
: EMI émet un “profit warning”. La sous-performance d’EMI aux USA implique des changements.

levy.jpg14 Octobre 2001
 : Ken Berry, CEO de EMI Recorded Music est remplacé par Alain Lévy (cf. photo), ancien CEO de Polygram de 1991 à 1998, date du rachat par Seagram. Cette décision a été prise par Eric Nicoli, président du groupe EMI depuis 1999. David Munns, manageur de Bon Jovi, est chargé de la supervision mondiale du marketing et des RH. Un audit du personnel et des artistes est prévu pour faire le tri. A défaut de marier EMI, il s’agit d’en faire une “stand-alone company” efficace, capable de se restructurer.




Novembre 2001 : dans ce contexte incertain, Emmanuel démissionne du French Export Office

 

tonywadsworth.jpgJanvier 2002 : Tony Wadsworth (cf. photo), directeur du label EMI Parlophone (qui a accompagné les succès de Blur, Radiohead, Supergrass, Coldplay, Gorillaz…) devient directeur de EMI UK et reprend ainsi la responsabilité de ce territoire à Emmanuel.





5 février 2002
 : EMI émet un 2e profit warning

Février 2002
 : EMI change en Capitol. Désormais EMI sert uniquement de nom corporate au groupe qui réunit 2 divisions-marques, Capitol et Virgin, qui gèrent chacune leurs labels. Les back-offices des différents labels sont regroupés dans un shared-services center. Alain Artaud devient président de Capitol Records France et Laurent Chapeau de Virgin Records France.

Mai 2002
 : rachat par EMI du label anglais Mute (Depeche Mode, Moby…) fondé par Daniel Miller pour 23M£.

Octobre 2002
 : suite au décès du directeur artistique Philippe Constantin en janvier 1996 (découvreur de Higelin, Téléphone, Noir Désir…), Emmanuel avait proposé de créer le prix Constantin pour mettre en lumière le « talent et l’originalité » de nouveaux artistes. C’est chose faite.

Novembre 2002
 : l’ex publicitaire Eric Tong-Cuong (cf. photo ci-dessous) prend la présidence d'EMI France.


26 janvier 2004
 : Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres par JJ Aillagon.

JFCecillon.jpg31 mars 2004
 : départ de la direction de EMI Europe (remplacement par Jean-Francois Cécillon (cf. photo), autre figure française de l’industrie qui a signé Robbie Williams au UK et qui depuis 2007, dirige la structure monde EMI Music International) et fondation dans la foulée d’une société d'édition et de production musicale (E2B, i.e. Emmanuel de Buretel en langage texto). Because naît avec l’aide de la banque d’investissement Lazard.




taylor-copie-copie-1.jpgJuin 2004
 : prise de participation de 50% de Corida, holding regroupant salles de spectacles parisiennes (la Boule Noire, la Cigale, le Trabendo), société d'organisation de concerts et de management (Manu Chao, Négresses Vertes, Rita Mitsouko, Zebda...), société d'édition musicale (Hi-Jack) et label discographique (Wah-Wah). Le modèle économique en ligne de mire, c’est l’intégration de plusieurs activités : production de disques, management, merchandising, organisation de tournées. Soit la diversification prônée par Sanctuary Group, la maison de prod d’Iron Maiden (fondée en 1976 par Andy Taylor (cf. photo) et rachetée en juin 2007 par Universal). Comme Manu le dit lui-même, l’objectif est de « maîtriser l'ensemble de la chaîne » car « plus de transversalité permet de valoriser les actifs ». Face à la baisse des revenus du disque, les synergies entre activités permettent à Because d’être rentable par compensation des postes. Le développement des artistes et l’optimisation de leurs projets passe ainsi par la consolidation de tous les types d'exploitation : édition, production, diffusion sur tous supports (CD, audiovisuel, spectacle vivant, téléphonie, Internet, édition papier). Les concerts ayant l’atout d’être non piratables.
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nicoli.jpgJuillet 2004
 : EMI continue sa restructuration. Démission de Eric Tong Cuong de la présidence de EMI France. Fin de l’ère de Buretel chez EMI, qui poursuit en mode cost-cutting avec Alain Lévy et David Munns, eux-mêmes remerciés début 2007 suite aux mauvais résultats 2006, et avec le retrait opérationnel de Eric Nicoli (cf. photo gauche) en septembre 2007 suite au rachat de EMI par le fonds d’investissement Terra Firma de Guy Hands (cf. photo droite), après de vaines tentatives de la part de Warner Music et Permira entre autres.


Décembre 2004
 : décès de Jacques Renault, PDG de Corida

2007
 : signature d’un contrat de licence avec Ed Banger. Because devient plate-forme de diffusion de Justice, actuellement le groupe-phare de l’électro qui revendique le besoin d’être « épaulé par une structure marketing hyper motivée ». Justice gagne en novembre son 2e prix aux MTV Europe Music Awards.

2008
 : Manu a réussi son pari de valoriser à l’international une création musicale multiculturelle (comme à l’ère Delabel) et ses différents modes d'exploitation (dans une économie soumise à un environnement high-tech évolutif). Rachat de Because Music par Universal ?


Au final, Manu c’est :

- un directeur artistique. En anglais, un pro de l’A&R (i.e. Artists and Repertoire). Celui qui déniche les artistes et les accompagne dans leur développement artistique et commercial, présent sur tous les terrains (studios, concerts, bureaux) pour créer les conditions de l’épanouissement artistique et favoriser l’écho médiatique de ses poulains. Il est capable de marier les genres. Il a de l’intuition et il a le sens de l’affectif. C’est un négociateur avisé. Il suscite collaborations artistiques, anticipe les tendances musicales, gère égos créatifs et contrats léonins. Il est apprécié pour ses qualités humaines et son intégrité. Mais certains comme Gyneco ont une vision moins positive du personnage et déplore leur statut de « poule aux disques d'or » qui se fait plumer. Néanmoins, il développe des rapports contractuels originaux avec ses artistes via des clauses d’attachement comme avec Manu Chao qui revendique de signer non avec une maison de disque mais avec de Buretel. Cette « keyman clause » a ainsi permis à Manu (Chao) de rejoindre Manu (de Buretel) lorsqu’EMI a dit ciao à ce dernier.

- un manager. Il a su s’entourer et faire progresser des collaborateurs de talent et ainsi pouvoir assumer lui-même de nouvelles responsabilités. Eric Bielsa l’a suivi de Virgin chez Because pour s’occuper des parties finances et opérationnel. Philippe Ascoli, passé par le UK, est désormais DG de Virgin France. Il a aussi fait confiance à Benjamin Chulvanij, Eric Tong-Cuong, Laurence Touitou. Son style manageriel est réputé direct, abrasif, parfois peu diplomate. Mais il sait développer ses équipes.

- un dirigeant. Il a su réformer de l’intérieur une major et ainsi réorganiser EMI/Virgin en structures autonomes (les labels Delabel, Source, Labels, Hostile) travaillant comme des laboratoires de production capables de pister les courants musicaux et de développer les nouveaux artistes du rap, de l’électro et du rock. Plutôt que d’enrichir le catalogue par l’achat de labels extérieurs, Manu a su privilégier une croissance organique. Il a ainsi toujours cherché à « optimiser les labels et la structure managérial » chez Virgin / EMI. 

- un entrepreneur. Il a commencé par l’intraprenariat en créant Delabel au sein de Virgin, puis a cédé à l’entreprenariat en créant le label Because Music un fois parti de chez EMI. Il a l’optimisme et l’enthousiasme d’un créateur qui relève des défis et a confiance dans l’atteinte de ses objectifs.

- un marketer. En termes de distribution et de commercialisation, il n’hésite pas à innover et à marier art et technologie. Il conçoit la musique comme un produit sophistiqué et cherche à utiliser les nouveaux vecteurs de communication et de diffusion de la musique pour établir un contact plus direct avec le consommateur. Il a été l’initiateur de « Yeha Noha », succès de l’été 1995, chanté et dansé par des Indiens d'Amérique, une lambada mystico-écolo-tribale relayée par TF1. Il fonde actuellement sa promotion sur des partenariats avec SFR, Orange, TF1, France Télévisions, Dailymotion. Il fait preuve de créativité et réinvente son approche marketing pour travailler différemment. Il sait ainsi transformer les hits nationaux en succès européens ou mondiaux.

- un stratège. Son approche du marché est de créer un label international haut de gamme. Because base son succès sur des artistes avec un potentiel d’export : des chansons en anglais pour les Rita, pour Charlotte Gainsbourg ; des artistes électro sans paroles comme Air, Daft Punk ou Justice ; des artistes multiculturels au répertoire worldmusic comme Amadou et Mariam ou manu Chao ; des couvertures presse internationale. Because, c’est aussi un label multidisciplinaire qui s’emploie à faire tourner ses artistes en remplissant ses salles de concert comme la Cigale, qui se fait distribuer en France par Wagram.

- un européen. Chez EMI, il a réussi à faire passer les ventes d'albums français à l'étranger de 1,5 en 1993 à 13 millions en 1998 et plus de 39 millions d'unités en 2000. 


jenna-de-rosnay-copie-1.jpgPour l’info people, Emmanuel de Buretel est marié avec Jenna de Rosnay (née Severson, du nom du photographe, créateur du magazine Surf Magazine). Jenna a une fille Alizé, née de son premier mariage avec Arnaud Fromet de Rosnay (aventurier, photographe, beau gosse disparu en 1984 en mer de Chine lors d’une traversée en planche à voile). Xavier de Rosnay, de Justice, fait partie de la famille. Emmanuel et Jenna ont trois filles Kéa, Luna, Aleya.
par fabiolo
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Mardi 27 novembre 2007
La photo HDR a le vent en poupe sur les flow du hip-hop.

 

Le HDR, qu’est-ce que c’est, me direz-vous ? Le HDR ou High Dynamic Range, c’est un effet numérique qui permet de prendre en compte plusieurs temps d’exposition pour une même photo, lui offrant ainsi une luminosité parfaite sur les moindres détails. Mais les photos en HDR ne sont souvent qu’une première étape pour un travail de retouche sur Photoshop via filtres, calques et compagnie. On obtient alors le traitement photo qui fait bander les bandits du hip-hop : un grain un peu pictural, un rendu poussiéreux, délavé.

 

Le HDR est basé sur des prises de vue différentes d’un même sujet (i.e. auto-bracketing avec au moins 3 photos dont une bien exposée et sinon les autres en « sous-ex » et en « sur-ex »). Ensuite, les pixels de ces photos sont enregistrés / mémorisés sur une seule image via un logiciel type Photomix qui intègre toutes ces données numériques et restitue une vue avec une gamme de luminosité dynamique. Le process même empêche ainsi les shootings de sujets en mouvement : d’où une impression un peu statique avec des artistes qui prennent la pose avec en arrière-fond des paysages + ou – apocalyptiques.

Ce style est à tendance monopolistique dans le rap actuellement. Il truste les couvertures d’albums, les affiches presse, les photos promo, bref l’artwork complet des rappeurs. Désormais, le moindre artiste gravitant dans le game se fait tirer le portrait à la sauce HDR. Depuis que Fifou - photo-graphiste déjà évoqué - est arrivé sur Paris il y a 5 ans, c’est une invasion. Tout le monde, de la star aux wannabees, veut le style sale New-York lugubre.

 

Ce succès de la demande alimente un vrai commerce pour les photographes sur Myspace. Même si le gâteau est encore aux mains de quelques-uns parmi lesquels Fifou (qui se taille la part du lion et s’exporte aux US), Koria, Keisa, Dexta, Mr Tcho, Nitch, il est probable que le marché devienne progressivement plus concurrentiel au vu du nombre de bidouilleurs photoshopeurs exposant sur Flickr. Mais évidemment, la force du réseau perso peut faire encore la différence…

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PS: pour plus de photos, allez voir directement sur les Myspace

par fabiolo
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Mardi 6 novembre 2007

Vous avez sûrement vu le clip des Passymal où trois fils à papa du « 16 » évoquent la vie dans les quartiers ouest de Paris entre apparts avec des m² à s’y perdre, bals des débutantes et courses poursuites en voiturettes de golf. Trois comparses dénommés MC Claude Henri, Baabo (prononcez B2ABO) et Le Versaillais nous refont ainsi le coup du rap de bourges à la Auteuil Neuilly Passy du temps des Inconnus.

passyteam.jpg

Malgré quelques punchlines parodiques bien senties comme « Hardcore comme ta femme de ménage en RTT », le morceau se remarque surtout par la qualité technique du clip. Réalisé par le studio Lumini, le clip est « bien monté, bien exécuté, bien réalisé » comme le signale de façon un petit peu trop appuyée les commentaires sur Dailymotion…

Alors, nos trois lascars s’appellent Killian Denis (aka MC Claude Henri), Alexis Faure (alias Baabo) et Florent Tassin de Saint-Péreuse (Le Versaillais). Si leur buzz s’appuie peu sur Myspace, ces jeunes ont les connections Facebook qu’il faut : écoles de commerce, fils et filles de, noblesse…

En fait, la boîte de production Saparan Prod à la base du concept Passymal a été créee en 2006 par Alexis Faure, 27 ans. On n’est jamais mieux servi que par soi-même… Finalement, on peut croire que le rap l’intéresse moins que la prod audiovisuelle étant donné qu’il était présent au MIPTV 2007, le rendez-vous annuel de l’industrie. Le clip Passymal apparaît dès lors comme une carte de visite bien blogguée pour une SARL en développement.

Malgré tout, le team Passymal ne compte pas passer à côté du succès potentiel de son clip. Sur le site passymal.org, les lascars proposent aux annonceurs d’y mettre de la pub pour ainsi monétiser leur visibilité. Pour l’instant, on a droit à un lien vers le clip de Fatal Bazooka feat Yelle, la nouvelle gloire française du buzz musical… Comme quoi, l’industrie musicale se mord la queue.

En bonus, le blason du groupe, histoire de maintenir le rang ("noblesse oblige") et avec un rose très tecktonik spirit pour rester dans le move:
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PS: On peut préfèrer les parodies US d'un vieux de la vieille, “Weird Al” Yankovic, qui nous gratifie avec "White & Nerdy" d'un remix de "Ridin' (Dirty )", le tube de Chamillionaire, le rapper en vogue du Dirty South:

par fabiolo
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Jeudi 4 octobre 2007

La mode est à la collection.

Chiner, fouiller, fouiner pour dénicher la perle, puis recommencer pour amasser, accumuler, amonceler des perles. Le concept est simple et il est sans fin. Le collectionneur est insatiable.

L'activité addictive, obsesionnelle propre à la collection, c'était underground, c'est devenu mainstream. Enfin, pas tous les types de collection : nains de jardin, sous-bocks de bières et pots de yaourts restent évidemment mis à l'index. La hype a du goût, cela va sans dire... Le nerd reste un nerd, le geek reste un geek. Alors, attention avant de choisir votre prochain trip...

Désormais, tout un chacun veut avoir plus de pompes, plus de cd, plus de potes... Mais on veut le top, pas du tout-venant. On veut du pointu, du technique, de l'inédit. On veut des disques vinyles, on veut des sneakers, on veut des spécimen...


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                      Plus de disques                                               Plus de sneakers
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                         Plus de potes

Les photos de Romain Laurent illustrent bien cette relation contemporaine à la consommation / accumulation dans la lignée d'Arman. On en veut plus, on en a plus mais à un moment, ça peut poser quelques problèmes de gestion. Il faudrait trouver une écologie de la collection.

A l'heure d'internet, tout devient plus facile. Les fans de crate-digging peuvent piocher online les raretés musicales qu'ils convoitent, les petits bijoux qui les font rêver. Les sneakers addicts peuvent chopper/shopper leurs baskets/tennis/runnings mythiques via des sites web spécialisés. Les collectionneurs de potes peuvent se la jouer hardcore networkers sur les sites de socialisation style Myspace ou Facebook. Grâce aux forums participatifs, le web 2.0 facilite les échanges, développe l'interactivité, maximise les points de contact entre individus.

Certes, mais d'aucuns diront que le vrai collectionneur, comme le vrai chasseur, a besoin de sortir dans la "real life" pour exercer son art. Il a besoin du contact avec des bacs de disques poussiéreux, il a besoin de venir caresser en magasin les coutures de la chaussure, il a besoin de se prendre un verre en réel / de taper le carton en direct avec ses potes et pas seulement via des widgets.

Quoi qu'il en soit, ces nouveaux collectionneurs représentent de vrais enjeux commerciaux et sont la cible de toutes les attentions du corporate world. Au-delà des sites pour les puristes,  iTunes Store vous propose plus de 6 millions de chansons, Nike iD vous propose de customiser vos propres sneakers selon vos goûts, Meetic vous propose d'explorer plus de 22 millions de profils. La chasse est ouverte...

Pour en savoir plus : le film
Just for Kicks de Thibaut de Longeville et Come Chantrel sur le phénomène sneakers et l'album Endtroducing de Dj Shadow considéré comme un must du crate-digging.

Justforkicksmovieposter.jpg   endtroducing2.jpg

PS: la pub, jamais en retard sur les tendances, a récupéré l'image du collectionneur. Toyota, pour vendre ses voitures, mise sur l'esprit entrepreneurial et décalé d'un businessman sneakers addict. Désormais, le fan est in. Le collectionneur moderne est un boss en costard dans une caisse de boss. Jeff Albertson, le Comic Book Guy des Simpsons a du souci à se faire...

   Jeff-Albertson-the-Comic-Book-Guy-copie-1.gif
par fabiolo
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Mardi 2 octobre 2007

Le scénario à la française reprend des couleurs

Ce titre un peu moyen vise à vous parler d'Abdel Raouf Dafri, nouveau scénariste désormais intronisé dans le show-business. Comme l'écrit
le Figaro, ce fils d'immigrés algériens analphabètes ayant grandi en cité dans le Nord de la France avec un parcours de "CAP de chaudronnier soudeur, animateur de supermarché et de radio, puis journaliste reporter d'images à France 3" est atypique.

ARD est l'auteur du scénario (retravaillé avec Nicolas Peufaillit et Thomas Bideguain) du nouveau film de Jacques Audiard (De battre mon coeur s'est arrêté) intitulé le Prophète, sur l'ascension à la Scarface d'un criminel / taulard qui devient le parrain de toutes les cités de France. Grâce à cette carte de visite (gagnée via Marc Cherqui, patrion de Chic Films), il a ensuite écrit en solo pour Canal+ une série en 8 épisodes La Commune dont la diffusion est prévue pour décembre 2007 et qui relate le destin tragique de deux potes de cités sur fond de rénovation / révolte urbaine. Et puis, il est le "script reanimator" du diptyque sur la vie de Jacques Mesrine, projet du producteur Thomas Langmann
très chahuté dans sa génèse. C'est son approche non-politique, anti-héroïque du gangster qui a réussi à faire revenir Vincent Cassel (La Haine) pour interpréter Mesrine et à fédérer Jean-François Richet (réalisateur de Ma 6-T va crack-er), soit des gars crédibles dans les thématiques banlieue, entre khos, entre couilles.

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Affiche de la Commune                   Portrait d'Abdel                     Affiches de Mesrine

Voilà donc la nouvelle plume du bitume de l'audiovisuel français. Un homme avec le vécu du quartier, avec un insight d'insider, un regard terrain. Une plume capable de mettre les mots qu'il faut dans la bouche des mecs de cités. Un ancien qui sait que "la cité a ses codes, son langage, son silence, ses modes, ses méthodes et sa lecture du monde" comme dirait Kéry James, rappeur empathique pour les [siens]. Mais Abdel n'écoute pas de rap.

Abdel, c'est aussi un mec avec ses propres références ciné-télé. Plutôt que des "histoires de couples qui se prennent la tête dans des apparts de 400m2", (cf. interview
ici), Abdel est fan de films US comme Apocalypse Now, Le Parrain... mais surtout des scénaristes Tom Fontana (Oz) et David Chase (The Sopranos), dont les séries ont été produites et diffusées par la chaïne américaine HBO, modèle pour le patron actuel de la fiction chez Canal+, Fabrice de la Patellière. Et donc bingo pour ARD qui valorise ainsi sa culture télévisuelle US auprès des instances business françaises.

Ses ambitions : faire des films où "le bourrin de base trouve sa came et les esthètes, différents niveaux de lecture". Et puis parler de l'histoire récente de la France comme les américains l'ont fait pour le Vietnam par exemple. Sinon son travail d'écriture le comble mais s'il a l'occasion de réaliser son Johnny s'en va-t-en guerre ou sa Nuit du chasseur à l'instar des scénaristes Dalton Trumbo ou Charles Laughton... En même temps, Thomas Langmann lui a déjà proposé et il a décliné. La balle est donc dans son camp.

Le bonhomme semble avoir un bon potentiel. Il est déjà l'artisan des meilleures productions actuelles ambiance urbaine, tendue, violente et contemporaine. Reste à savoir s'il est capable de développer des scénarios sur d'autres sujets. Il a de l'humour. Au-delà de celui des Affranchis de Scorcese, il est fan de l'impayable série américaine Curb your enthousiasm (autoportrait du producteur hollywoodien Larry David, toujours produit par HBO, et en français, Larry et son nombril, diffusé sur Jimmy). Serait-t-il donc capable de fournir la série humoristique française qui manque à Canal+? Pour le moment, il travaille sur une série policière d'anticipation intitulée Idem pour Chic Films et sur l'adaptation (pour Chapter2) du livre de Marc Fievet, Dans la peau d'un narco, autobiographie d'un "aviseur" (= un indic infiltré) des douanes françaises, que l'Etat français a laissé croupir en prison. Autant dire qu'on est pas dans la guignolade.

par fabiolo
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Vendredi 14 septembre 2007

La différence entre un pro de la photo et un amateur:

Cet article ne vise qu'à mettre en lumière le talent des photographes et des journalistes.

Suite aux éloges mérités du photographe Samuel Bollendorff (de l'agence l'Oeil public) pour son reportage très intéressant sur la Chine qui trime pour le bien de la croissance mondiale, reportage en lice pour le Visa d'Or 2007, j'ai voulu en savoir plus les conditions de sa réalisation.

Samuel a investigué le sujet avec l'aide d'un "fixeur", c'est-à-dire d'un local pas forcément natif mais du moins intime d'un pays : connaisseur de la langue et des règles et capable de filouter les contrôles imposées par l'administration et d'ouvrir les portes à un journaliste étranger qui ne connaît pas le terrain.
Ce fixeur, en l'occurence, c'était Abel Ségretin, jeune correspondant en Chine de Libération, établi à Pékin depuis 2001, et qui a rédigé les textes très pertinents du reportage de Samuel.
Au final, une très bonne enquête menée par deux profils complémentaires.

Abel a également pris des photos, parfois très similaires à celles de Samuel. Voici une mise en parallèle de leurs photos prises dans différentes villes minières.
Cadrage, lumière, couleurs, distance, timing... A vous de juger.


8927045-m.jpg   boll.jpg
 
8927125-m.jpg   zhuang.jpg

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     ramasser.jpg

8927260-m.jpg   shantytown.jpg

par fabiolo
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Jeudi 6 septembre 2007

"L'inspiration est un mythe", dixit Ken Roberts, PDG de Lippincott Mercer, agence en stratégie et design.

Effectivement, je pense qu'il a raison au vu des campagnes de pub qui s'affichent actuellement dans le métro.
On a une campagne pour la carte Imagin'R:
4x3-imaginR-1-copie-1.jpg  4x3-imaginR-3-copie-1.jpg

On une campagne pour la Société Générale qui sponsorise le rugby et la coupe du monde:
rugby.jpg

Avec ses visuels, So Me peut se dire trend-setter:
mr-flash-copie-1.gif  06-22-tee-ed-cobra1.jpg  uffie.png

Ou sinon, on peut aller chercher plus loin, du côté de la Hollande où on trouve le graphiste Parra qui cartonne avec Rockwell, autre marque de T-shirts (eh oui, encore):
la-18-stones-throw.gif  la-21-baguette-two.gif  nyc-5-greatparty.gif  nyc-16-alwaysbusy.gif  nyc-12-sheila-copie-1.gif  nyc-25-allisfeeble.gif

Mais on peut remonter plus loin dans le temps avec Keith Haring (1958-90) :
nim-ms700.jpg

Et puis tout le pop art avec Andy Warhol (1928-87), Tom Wesselmann (1931-04), Roy Lichtenstein (1923-97)...
Marilyn00.jpg  Wesselmann-Tom.jpg  0090-01m.jpg

L'inspiration, c'est souvent : on trouve un créneau graphique porteur et on l'exploite jusqu'à l'os.

par fabiolo
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Mardi 4 septembre 2007
Comment être tendance en vacances?

Certains se ruent sur les tongs brésiliennes Havaianas pour faire comme les people dans les magazines.

havaianas-corp.jpg
D'autres se contentent de copies style Zonkepai ou autres Van Dutch ou Grendene.
Au delà du branding qui valorise le produit à 15-20€, tout ça ressemble quand même pas mal à des tongs en plastoc.

Moi, cet été, j'ai choisi d'être cohérent avec mon blog. J'ai ainsi ressorti la bonne vieille tong carrouf' à 1€:

DSC09274.JPG
A ce prix là, je fais dans le multicolore retro kitsch. Comment je suis trop dans la place...
par fabiolo
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Lundi 3 septembre 2007

Qu'est-ce qui che-mar chez les pubards ?

Dans la pub (en print, TV, internet...), on remarque plusieurs tendances graphiques actuellement : le multicolore, le bio-organique-floral, le photomontage-collage, le comics-retro-kitsch-pop-art, le minimalisme...
Evidemment, ces différentes modes peuvent allégrement s'entremêler pour "ambiancer" l'esthétique de la campagne et ainsi "trendifier" le produit.
De nombreuses marques grand public ont ainsi recours, par le biais de leurs agences de com, à ces différents mix créatifs: Apple, Coca-Cola, LRG, Renault Clio, Société Générale, Nike, SFR...

apple-ipod-party-colors.jpg  ibcoke31.preview.jpg

lrg.jpg  clio.JPG  soge.jpg

  sfr.JPG 

Evidemment, la pub s'inspire de ce qui existe déjà et SFR peut ainsi dire merci au générique de Desperate Housewives, au Yellow Submarine des Beatles, au Monthy Python Flying Circus de Terry Gilliam...

Desperate-Housewives-iso.jpg  yellow-submarine.jpg  250px-CompleteFlyingCircusDVD.jpg

Les designers "non corporate" se ruent également sur ces modes graphiques.
On a déjà évoqué So Me pour Justice et Ed Banger en général (Busy P, Mr Flash, Krazy Baldhead...) :

busyp-rainbow-man.jpg  ed010.gif  1484822496-l.jpg

On peut aussi évoquer Akroe, aka Etienne Bardelli, ex-graffeur reconverti dans le graphisme pour entre autres Teki Latex, TTC...

teki.jpg   ttc.jpg

La mode de l'éclair arc-en-ciel, je vous dis. Attention à l'épuisement quand même...

par fabiolo
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Mercredi 22 août 2007
Mais qui est So Me?

So Me est le directeur artistique de Ed Banger Records. D'accord.
L'homme de l'ombre à la base de la création de tout l'artwork du label, pochettes des disques, t-shirts (les fameux t-shirts du multi-diffusé clip DANCE de Justice)... Justice, le groupe français électro-rock dont le buzz s'est propagé à la vitesse du son et qui peut dire merci à l'intelligence commerciale de cet art director doué pour surfer sur la vague du design comics-art-pop multicolore...

Pour avoir un aperçu de cet univers visuel, voici le clip promo du label qui passe en revue les covers d'albums (vidéo réalisée par Jonas&François avant DANCE):


ddkas.jpg
Extract du clip DANCE avec les signatures de So Me et de J&F 75 (alias Jonas&François pour Irène 75, leur boîte de prod)

OK, bon quoi d'autre ?
Donc on a déjà dit qu'il avait réalisé la vidéo très "breakdance electro hip hop 80's spirit" pour DJ Medhi avec les mecs qui se check et que Joe la pompe avait déjà braqué les yeux sur lui (cf.
post précédent)...
Ah, il touche aussi au DJing avec un remix d'un morceau de Klaxons intitulé Interzone to Golden Skans.

Alors en fait, il s'appelle Bertrand Lagros De Langeron. Effectivement So Me, c'est plus court. C'est un graphiste / designer parisien. Il a bossé chez BETC Euro RSCG, l'agence de pub phare du groupe Havas. Et il a déjà été récompensé pour une campagne sur le thème des OGM sortie en 2005 intitulée "Bblé" pour la marque Cart'com qui édite des cartes postales.
Bref, un mec qui cartonne :
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A cet égard il est crédité comme "Directeur artistique, Concepteur-rédacteur et Illustrateur". Mais peut-être était-il seulement stagiaire à l'époque.
Petite parenthèse sur le monde de la pub et son fonctionnement avec une vidéo explicative (remixée à partir de vraies pubs radio de Benjamin Sanial pour l'agence Lowe Alice):


Donc voilà, on a trouvé qu'il avait tafé dans la pub et s'était illustré dans le print.
Est-ce que ces créations commanditées lui procuraient un sentiment d'accomplissement et de réalisation personnelle? Ou avait-il besoin de faire quelque chose de plus proche de ce qu'il était? So Me en somme. Tellement moi...

En même temps, le bonhomme n'avait pas forcément en horreur l'univers corporate comme beaucoup de ses comparses créatifs aigris de bosser dans des agences de com. On peut ainsi voir le clip DANCE comme un film publicitaire poussé à son paroxysme. Un défilé de 3' 06 de T-shirts signés So Me. La bonne vieille "réclame" ne se cache plus comme dans les films de ciné. On passe en phase 2 : on est dans du 100% product placement. Il ne manque plus que la mention finale "en vente dans toutes les bonnes boutiques".

Alors So Me, un nom de scène conçu comme un brand name? Pour l'instant, la marque se décline à la vente sur des supports tels que des tees (= T-shirts) à porter près du corps comme des jeans slim. So fashion. Avec la rentrée, ça va cartonner dans les cours de récré parisiennes. Et étant donné que le code ADN de la marque s'assimile à l'expression de l'individualité et de la personnalité, on peut imaginer d'autres produits à venir. Enfin à en juger par sa Myspace (envahie par les demandes de t-shirts et que seule Rihanna, la star du R&B, peut porter vu qu'ils sont sold-out), il connaît certains principes marketing comme l'organisation de la pénurie. Alors, quelles sont les bonnes adresses? Lazydog, Royalcheese, Sixpack, Colette...

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J'avais oublié, il a aussi été concepteur-rédacteur (avec Rémi Noël) pour une pub Peugeot 206 avec l'accroche : "On a tous besoin d'admirer quelqu'un" sortie en 2003:
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Quant à Bertrand, c'est un fan de Todd Rundgren. So what?
C'est à dire d'un musicien (guitariste, pianiste...), producteur (Janis Joplin, Patti Smith, Alice Cooper...), vidéaste, geek, tout cela avec l'"attitude" [attitioude], le petit plus différenciant qui positionne comme "original" [owidjinol]. Bref un touche à tout.
Quant à So Me, il dessine, il filme, il remixe, il fait du biz, il est in. Un véritable homme-orchestre, comme Todd quoi mais en mode 2.0.

Et enfin cerise sur la gateau, il met la claque aux ricains...
On peut le voir ici en pull rouge aux Europe MTV Music Awards 2006 à côté d'un Kanye West vener' d'avoir perdu, avec son titre Touch the Sky, le Best Video Award face à Justice vs. Simian pour We Are Your Friends réalisé par Jérémie Rozan & Martial Schmeltz.

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Trop fort... La French touch est de retour.

En même temps, depuis le show de l'année dernière sur MTV où Kanye West a "perdu [sa] credibilité", la situation a changé. Lui et Bertrand sont maintenant partners dans le money making business.
Ainsi, on a vu Kanye avec DJ So Me lors d'un set au Cinespace, une boîte de Los Angeles. Kanye s'est fait un remix de Stronger des Daft Punk dont l'ex-manager, Pedro Winter est patron d'Ed Banger. Et attention scoop, Bertrand a réalisé (toujours avec Jonas&Fred) le dernier clip de son nouveau pote West intitulé The Good Life (troisième single du nouvel album prévu pour le 11 septembre). Et vu que, rebelote, Justice est nominé cette année encore pour les MTV video music awards avec DANCE, évidemment, il y a fort à parier que Kanye ne voulait pas entendre un truc du style : "
Oh my God, they killed [Kanye], you bastards!"

Allez, au nom de la hype, si tu lis ce post,
envoie moi un t-shirt...


English summary
So Me, visual architect of the French music label, Ed Banger Records, is a young multi-talented artist. He is famous for the coloured pop art spirit of the T-shirts featured in the much acclaimed video DANCE for Justice.
Bertrand Lagros De Langeron, his real name, used to work as an art director / copywriter for the advertising agency called BETC Euro RSCG in Paris. Honoured for his creative corporate work, his energy has been also involved in other more personal projects such as music and film.
He did a remix of the Klaxons' track Interzone to Golden Skans. For his friend DJ Medhi, he directed the music video I am somebody, which lately inspired Pound, the one of US director Evan Bernard. For Kanye West, he did his last music video The Good Life.
Appraised for his artwork by lots of fans like Rihanna and Kanye West, he is on the rise.

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Rihanna without umbrella...

kenny-ughvjgvh-copie.jpg  nelson-haha.gif
Angel Kanye "Touch the Sky"

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Cover original du single victorieux        Détournement ironisant sur le clip à 1M€ ("diss" West)
par fabiolo
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